Association des Saulières

Les Saulières et la Biodiversité

2010, Année internationale de la biodiversité

Après le Sommet de la Terre (à Rio de Janeiro, en 1992) et la Convention Internationale sur la Diversité Biologique (CDB) ratifiée à ce jour par environ 190 pays

Après le sommet européen de Göteborg en 2001 qui s'est fixé l'objectif d' arrêter le déclin de la biodiversité en Europe d’ici 2010

Après l' Engagement de Johannesburg d’enrayer d’ici 2010 l’érosion de la biodiversité (en 2002),

Après le Grenelle de l'Environnement,

l’Organisation des Nations unies a proclamé 2010, Année internationale de la biodiversité pour alerter l’opinion publique sur l’état et les conséquences du déclin de la biodiversité dans le monde1.

Parmi les principaux objectifs que le secrétariat de la CDB s'est fixé pour cette année 2010, on peut citer :

  • renforcer la prise de conscience des citoyens sur l’importance de sauvegarder la biodiversité ainsi que sur les menaces qui pèsent sur elle ;

  • encourager les personnes, les organisations et les gouvernements à prendre les mesures immédiates nécessaires pour stopper la perte de biodiversité.

 

La France a répondu à cet appel en déclarant la biodiversité, cause majeure pour 2010 !

Rappelons enfin que les participants représentant les 193 Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB) ont adopté, le 29 octobre 2010, au Sommet de Nagoya sur la biodiversité un plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020, premier grand accord international pour l’environnement depuis le protocole de Kyoto, entré en vigueur en 19952. Cet accord marque un véritable tournant dans le droit international.

Mais quel est l'enjeu de la "Biodiversité" ? Pourquoi autant de pays se mobilisent-ils?

 


Ce que la biodiversité apporte à l'espèce humaine

La nature fournit d’inestimables services clés comme 3

  • l'approvisionnement en matières premières, grâce à la diversité des espèces (animales et végétales) et de leurs productions ;

  • le bon fonctionnement des milieux, grâce à la protection des sols, au cycle des nutriments (carbone, azote...) et au cycle de l'eau, à la diversité des habitats, à la pollinisation et au contrôle des pollutions (épuration de l'air et de l'eau) ;

  • la protection naturelle des êtres humains et des espèces qui leur servent de ressources, à travers la régulation des milieux (naturels ou agricoles) : la diversité en espèces présentes développe la résistance et la capacité d'adaptation aux perturbations de l'environnement (catastrophes naturelles -inondations, tempêtes-, maladies, invasions biologiques...). Mais également la régulation de l'atmosphère (dont la production d'oxygène) et des fluctuations du climat, local et global ;

  • et enfin les biens immatériels, tels que la connaissance, la culture...

Mais nous assistons à une perte de la biodiversité qui résulte d'une façon générale d’une surexploitation, de pollutions diverses, de la destruction d’habitats spécifiques à certaines espèces ...

 


 

Biodiversité "Dramatique Appauvrissement"

De nombreuses espèces sont menacées4

  • Une espèce d'amphibien sur trois, plus d'un oiseau sur huit, plus d'un mammifère sur cinq et plus d'une espèce de conifère sur quatre sont menacés d'extinction au niveau mondial.

  • Sur les 5.490 mammifères répertoriés dans le monde, 79 sont "éteints" ou "éteints à l'état sauvage", 188 sont "en danger critique d'extinction", 449 sont "en danger" et 505 sont "vulnérables"

  • Parmi les 6.285 amphibiens que compte la planète, 1.895 sont en danger d'extinction, ce qui en fait le groupe le plus menacé à ce jour

  • Parmi les insectes, les papillons et surtout les libellules constituent les groupes les plus fragilisés.

  • Sur les 47.677 espèces répertoriées sur la Liste rouge de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), 17.291 sont menacées d'extinction.


Les conséquences de cette « érosion » ne se réduisent pas seulement à une liste d’espèces malmenées puisqu’elles entraînent aussi la dégradation des écosystèmes, des fonctions que ces derniers exercent dans le système vivant - la biosphère - et donc des services qu’ils rendent à l’humanité.

 


Agir !

La stratégie nationale pour la Biodiversité

Convaincue que la conservation de la biodiversité devait s’étendre à tous les secteurs d’activité sur l’ensemble du territoire, la France a adopté en 2004 la "Stratégie Nationale pour la Biodiversité" (SNB), dont les quatre orientations structurantes sont :

  • mobiliser tous les acteurs

  • reconnaître sa valeur au vivant

  • améliorer l’intégration de la biodiversité par les politiques publiques

  • développer la connaissance scientifique et l’observation.

Des actions concrètes5 seront mises en place dès 2010 aux niveaux national et local dans le but de stopper la perte de la biodiversité. Citons en quelques unes

1) Créer les inventaires communaux
L’enjeu est ici d’inciter les élus locaux à mettre en place de nouveaux outils de connaissance, pour mieux faire prendre conscience de la richesse de nos écosystèmes et de la nécessité de les conserver.

2) Développer les sciences participatives
Les citoyens sont invités à apporter leur contribution à la connaissance de la biodiversité. Des dispositifs vont être mis en place pour que le plus grand nombre puisse, par l’observation de son environnement quotidien, participer à la création de recueils de données à l’instar de ce qui existe déjà pour les oiseaux, les papillons ou encore les chauves-souris.

3) Sensibiliser le grand public à la “biodiversité

4) Réaliser un inventaire du Patrimoine naturel de l’État

5) Renforcer la recherche française sur la biodiversité

 


La Trame verte et bleue

La Trame verte et bleue est une mesure phare du Grenelle de l'Environnement6 ; son but est d’enrayer le déclin de la biodiversité au travers de la préservation et de la restauration des continuités écologiques.

En termes d’écologie du paysage une trame verte est la somme des zones de connexion biologique et des habitats naturels connectés, autrement dit le réseau des éléments de territoire et de milieux qui constituent ou connectent entre eux :

  • les habitats naturels de la flore et de la faune sauvages et spontanées,

  • les sites de reproduction,

  • les sites de nourrissage,

  • les sites de repos et d’abri,

  • les « couloirs » de déplacement (dont migrations) de la faune sauvage,

  • les « couloirs » de dispersion de la flore.

L’état et la qualité de la Trame se mesurent dans la qualité et la quantité des habitats naturels et des connexions biologiques entre ces habitats. Les habitats sont en quelque sorte les nœuds du maillage, et ils jouent le rôle de réservoir de gènes, d’espèces, de communautés pour la biodiversité.

Les constituants de la trame verte sont souvent de fait des continuums biologiques ou physiques.


Et les Saulières ?

Dans les traités internationaux, dans la loi Française, sur le site du Ministère de l'Écologie, de l'Energie, du Développement durable et de la Mer nous lisons

  • encourager les personnes, les organisations et les gouvernements à prendre les mesures immédiates nécessaires pour stopper la perte de biodiversité ;

  • promouvoir des solutions innovantes pour réduire les menaces envers la biodiversité

  • mobiliser tous les acteurs ...

  • Les citoyens sont invités à apporter leur contribution à la connaissance de la biodiversité.

  • Article 123 de la LOI n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l'environnement TITRE IV : BIODIVERSITE
    "Afin d'accroître la lisibilité, la complémentarité et la cohérence des actions de préservation de la biodiversité menées tant par les acteurs publics que par les acteurs privés ou associatifs, une instance de gouvernance et de pilotage, ayant pour mission de contribuer à définir les objectifs à atteindre dans ce domaine et les programmes d'actions correspondants, est instituée avant le 31 décembre 2010."

 

D'autre part, comme nous l'avons déjà dit, les Saulières sont un maillon de la trame verte entre d'une part la vallée de la Vézère via Travassac, Mazieres, La Rochette, Ayzac, la Geneste, la Chatroulle, le Saillant, et d'autre part la vallée de la Corrèze via Sauvagnac, Venarsal, Dampniat, Aubazines ...

L'Association pour la Protection des Saulières se sent donc concernée !

Que peut-on faire ?

 

Commission Environnement du SCOT

le S.C.O.T. est un document de planification intercommunale permettant aux collectivités locales de mettre en cohérence et coordonner les politiques d'urbanisme, d'habitat, de déplacements, d’implantations économiques et commerciales, d’environnement.

Nous avons exposé les spécificités des Saulières lors des premières réunions du S.C.O.T et lors de la réunion de janvier 2010 nous avons eu le plaisir de voir les Saulières classées "site emblématique" qui abrite une biodiversité très riche qu’il est indispensable de préserver, que c'est une zone relais jouant un rôle majeur dans le maillage vert du territoire et les déplacements des populations animales.

Mise en évidence de l'intérêt écologique des Saulières

Afin de mettre en évidence l' INTERET ECOLOGIQUE DES SAULIERESnous avons contacté Le Groupe Mammalogique et Herpétologique du Limousin et rencontré la section 19 de la Ligue Protection des Oiseaux.

 

Le Groupe Mammalogique et Herpétologique du Limousin nous a transmis un extrait de leurs observations concernant reptiles, amphibiens et mammifères (3 espèces de musaraignes (Musaraigne couronnée, Musaraigne musette et Musaraigne pygmée) Chiroptères : La présence du Petit Rhinolophe confère un intérêt particulier aux Saulières. Cette espèce est protégée intégralement au niveau national et est très sensible aux dérangements et à la disparition de son habitat.

 

Ligue Protection des Oiseaux : l a section Corrèze de la LPO nous a fait parvenir un courrier mettant en évidence la diversité ornithologique des Saulières. Nous en extrayons le passage suivant :

"Les Saulières accueillent en leur sein pour nidification ou pour la recherche de nourriture des espèces d’oiseaux protégés au niveau national voire d’intérêt communautaire au niveau de l’Europe.

Au niveau des espèces protégées au niveau national, le massif accueille plusieurs rapaces diurnes et nocturnes (Milan noir, Milan Royal, Circaète Jean-le-blanc, Aigle botté, Autour des palombes, Buse variable, Chouette Hulotte…) mais aussi des espèces comme l’Engoulevent d’Europe, la Pie-grièche écorcheur, le Loriot d’Europe, la Huppe fasciée, le Héron cendré...

Certaines de ces espèces présentent un intérêt au niveau européen ( l’Engoulevent d’Europe, la Pie-grièche écorcheur et le Circaète jean le blanc).

Circulation des véhicules à moteur dans le Massif des Saulières

Pour préserver son rôle

  • d'habitat naturel de la flore et de la faune sauvages et spontanées,

  • de site de reproduction,

  • de site de nourrissage,

  • de site de repos et d’abri,

  • de « couloir » de déplacement de la faune sauvage,

  • de « couloir » de dispersion de la flore.

nous avons proposé l’interdiction de la circulation des véhicules à moteur dans les Saulières.

En effet la circulation des véhicules à moteur dans le Massif des Saulières est cause de dommages aux milieux naturels (altération des habitats naturels), à la faune (dérangement, modification du comportement) et à la flore dont nous devons stopper la régulière dégradation. Pour mémoire, rappelons aussi qu'elle peut être source de danger (risques d’accident) et de nuisances pour d’autres catégories d’usagers (marcheurs, cavaliers, cyclistes) et de dégradations de pistes et de chemins (érosion).

Notons enfin que la résilience écologique des Saulières (c'est à dire sa capacité à retrouver un fonctionnement et un développement normal après avoir subi une perturbation importante) est peu élevée : la décision ne doit donc pas être reportée aux calendes grecques.

En concluson provisoire

Nous sommes une Association "légitimiste" et les textes de préservation de la Biodiversité (tant au niveau national qu'international) sont clairs.

Nous sommes des citoyens conscients de l'importance de l'enjeu et ne voulant pas se décharger sur les autres de nos responsabilités : "C'est important, mais je ne fais rien ; les autres n'ont qu'à le faire !". Cette attitude est peu sérieuse.

Les Saulières sont une zone relais jouant un rôle majeur dans le maillage vert du territoire.

La conclusion s'impose donc : défendons la Biodiversité aux Saulières.

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1 Ministère de l'Écologie, de l'Energie, du Développement durable et de la Mer http://www.biodiversite2010.fr/Qu-est-ce-que-l-Annee,8.html

2 http://www.sequovia.com/actualites/4817-4817.html

3 http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosbiodiv/index.php?pid=decouv_chapC

4 http://www.romandie.com/infos/news2/101015100956.yfxw4l2e.asp

5 http://www.biodiversite2010.fr/La-France-agit-pour-la.html

6 http://www.developpement-durable.gouv.fr/-La-Trame-verte-et-bleue,1034-.html

EPILOGUE – DEFINITIF, ESPERONS-LE  -  DES INCENDIES CRIMINELS QUI ONT EU LIEU AUX SAULIERES ENTRE MAI 2009 ET AVRIL 2010.

Compte-rendu du jugement rendu le 25 novembre 2010.

L'APS, partie civile, était représentée, comme le 26 août, par 3 de ses membres ; dont l'un, partie civile aussi, à titre personnel.
Le procès a bien eu lieu, cette fois-ci.
L'accusé, âgé de 26 ans, a reconnu les faits qui lui ont été reprochés et a déclaré regretter ses gestes, laissant son avocat expliquer les troubles psychiques qui pourraient être à l'origine des actes criminels.
Après les délibérations d'usage, l'accusé a été condamné à 2 ans de prison avec sursis (le sursis étant accordé sous la double condition de 3 années sans la moindre nouvelle mise en examen et d'une obligation de suivi médical), ainsi qu'au paiement, aux parties civiles, des indemnités qu'elles avaient réclamées pour préjudice subi, matériel et/ou moral.
Pour sa part, l'APS n'a demandé que l' "Euro symbolique" et le Tribunal le lui a accordé.

Si, bien sûr, cette somme n'a aucun rapport avec l'investissement en mobilisation, démarches, déplacements, discussions, rédactions, etc... de nombreuses personnes depuis 22 ans déjà pour la sauvegarde du Site des Saulières, le symbole de cet « Euro symbolique » est pour nous très fort :
après la reconnaissance de notre travail par les Elus des 4 communes qui couvrent les Saulières, reconnaissance symbolisée en particulier par la Médaille d'Honneur de la Mairie de DONZENAC,
après la reconnaissance de l'intérêt écologique des Saulières par la Commission Environnement du SCOT,
l’attribution par le Tribunal de cet Euro symbolique nous confirme dans notre rôle de défenseurs des Saulières !